les chevriers d’Arudy

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Je voudrais vous conter l’histoire des chevriers Arudyens qui, dès la fin du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle, sont montés à Paris avec leurs troupeaux pour proposer aux Parisiens des beaux quartiers le lait de leurs chèvres, bien crémeux et réputé très nourrissant, et cela pendant huit à neuf mois chaque année.

Dès 1870 jusqu’en 1914, date de la première guerre mondiale, c’est à pied qu’ils partaient avec leurs troupeaux. Et la route était bien longue. Puis, après la guerre, c’est en train, dans des wagons à bestiaux, qu’ils rejoignaient la capitale où ils avaient le monopole de la vente de lait frais.

Paris, à cette époque, n’était pas la ville tentaculaire que nous connaissons à présent. Le terrain des fortifications, abandonné après la guerre de 1870, envahi par les ronces et les herbes folles, servait de pâturage.
D’autres terrains vagues, jusqu’à Montmartre même, étaient nettoyés par les braves chèvres qui, comme chacun sait, ne sont pas difficiles quant à la nourriture. Les chevriers se répartissaient les quartiers et au petit matin, avec leurs troupeaux, ils partaient jouant de la flûte en roseaux pour attirer la clientèle. Celle-ci ne manquait pas car le lait frais était très prisé. Il était d’autant plus apprécié qu’il était mousseux et Dieu sait que les chevriers malins savaient très bien le faire mousser à partir du pie des chèvres en remplissant les bols qu’apportaient les clients.

Pour la petite histoire, sachez que une fratrie de chevriers d’Arudy avait le privilège de fournir le lait à la grande Sarah Bernhardt. Cette activité, pittoresque mais assez lucrative, continua jusqu’en 1936. A partir de ce moment, Paris était en pleine mutation. Des manifestations annonçaient le Front Populaire, la circulation devenait plus intense, il était très difficile de promener un troupeau de chèvres dans les rues et sur les trottoirs parisiens. Nos vaillants chevriers, la tête pleine de souvenirs, rejoignirent leur Béarn natal.

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