Souvenirs des débuts de ma vie d’institutrice

J’ai commencé ma carrière d’institutrice à Mourenx en 1966, j’assurais 2 demi-décharges afin de permettre aux directrices des 2 écoles de s’occuper des démarches administratives car elles avaient en charge des groupes scolaires importants. Une demi-décharge le matin à l’école Charles de Bordeu, l’autre l’après-midi à Victor Hugo et inversement la semaine suivante.
J’ai donc passé une année « sous l’aile » protectrice et formatrice à la fois, de 2 directrices très expérimentées et professionnelles.

En septembre 1967 j’ai été nommée à Monein Bas-Ucha pour exercer dans une classe unique. Et quelle classe ! Cétait une petite salle qui avait été aménagée dans l’ancienne étable des propriétaires d’une grande bâtisse….
Avant de commencer notre carrière, notre directrice d’école normale, où nous étions toutes pensionnaires nous avait dit : « Quand vous aurez votre nomination très certainement dans une classe unique d’un petit village, vous devez aller vous présenter à Monsieur le maire ! Et sachez qu’une institutrice se doit d’être exemplaire et d’avoir une vie privée irréprochable ! »
Alors moi, fraîche émoulue et très disciplinée, je suis allée rencontrer monsieur le maire et je lui ai fait plusieurs demandes : « Je viens de visiter ma salle de classe et je me suis aperçue que le poêle à bois n’est pas protégé aussi je souhaiterais qu’une grille soit installée afin d’assurer la sécurité de mes élèves car nous devons être particulièrement vigilantes sur ce plan-là ! Et je voudrais aussi que les murs soient reblanchis et que le tableau central soit plus grand.
Et à la rentrée j’avais ma grille de protection tout autour du poêle. La photo jointe en témoigne….
Le maire avait apprécié ma visite de « présentation » et avait satisfait mes demandes car j’avais eu aussi un tableau installé et les murs de la salle rebadigeonnés à la chaux.
Je n’ai exercé qu’un an dans cette école mais j’en garde d’excellents souvenirs d’autant plus que j’avais pris une co-location (eh oui on commençait déjà à partager les frais de loyers !!!) un petit appartement sur Monein avec une autre institutrice rencontrée fortuitement à la mairie et qui, elle venait d’être nommée au CEG. Elle était accompagnée par sa maman et c’est elle qui a eu l’idée de nous faire co-habiter !!!!
Petite anecdote sur cette année en insistant sur le fait que nous nous devions d’être irréprochables :
C’est à cette époque que j’ai connu mon futur mari qui était étudiant à l’ENI de Tarbes, et nous connaissions le rythme des 5 jours de classe avec la coupure du jeudi.
Comme on ne pouvait donc se voir que le dimanche il avait eu l’idée de venir me voir un samedi après-midi. Cela m’ennuyait car je savais que la famille qui habitait la ferme jouxtant l’école allait bien constater que j’avais la visite d’un jeune homme !!!
Alors là j’ai fait un pieux mensonge et j’ai « prévenu » ma voisine que ce samedi j’allais avoir une visite (non pas de mon « prétendant ») mais du conseiller pédagogique ! Car à l’époque durant les 2 premières années de notre carrière nous avions des visites régulières de nos conseillers.
Mon futur mari s’est donc présenté avec un cartable pour être encore plus crédible et il a assisté à quelques leçons dispensées aux enfants de tous les niveaux.
Il a même profité de ce temps pour prendre quelques photos.
Quelques mois après et quand nous avions décidé avec mon futur mari d’officialiser notre relation je l’ai présenté à ma voisine qui m’a aussitôt dit : « Mais je dois vous avouer très franchement que je n’avais pas trop cru à cette visite de conseiller car vous étiez beaucoup trop souriante après son départ….je me suis doutée de quelque chose ! » Et nous avons partagé un

Grille classe

Photo prise par mon mari lors de son inspection en tant que « Conseiller Pédagogique ». On peut voir la grille pour protéger les enfants du poêle à bois.

Et c’est l’année où ont eu lieu les événements de mai 68. J’étais en congé de maladie (juste à cette période) mais sans remords car la France était paralysée et toutes les écoles étaient fermées aussi je n’étais pas inquiète de n’être pas remplacée…
C’est la seule fois où nous avons eu notre salaire malgré nos semaines de grève et de protestations…..

Monein Bas ucha

Ma classe à Monein Bas Ucha

En 1971, j’ai été nommée à Lasseubetat, mon mari ayant obtenu un stage chez Messier. C’était encore une classe unique et je remplaçais la sœur de la championne de ski « Annie Famose » J’avais un très faible effectif : 8 élèves mais j’assurais pratiquement tous les niveaux.
Trois petits écoliers venaient d’un petit village voisin et devaient faire plus de 2km à pied chaque jour et par tous les temps !
Comme il n’y avait pas de cantine dans ce petit village six élèves amenaient leur gamelle : dans la partie inférieure leur maman leur versait la soupe et au-dessus leur préparait leur ration de viande et de légumes. Et vers 11h45 je me chargeais de placer leurs gamelles sur le poêle à mazout qui chauffait notre salle de classe.
A midi ils s’installaient dans le fond de la classe sur des tables que j’avais rapprochées et recouvertes d’une toile cirée.
Pendant ce temps je déjeunais dans mon appartement de fonction situé juste au-dessus de la classe mais jamais durant ces 3 années pendant lesquelles j ’ai exercé dans ce village je n’ai dû intervenir pour des disputes ou des bêtises.
Ces enfants jouaient très calmement. Mais il est vrai que le faible effectif n’était pas étranger au calme qui régnait et à la bonne entente entre ces 7 petits écoliers qui restaient à l’école pendant l’inter-classe.
Nous partions assez régulièrement en classe-promenade certains après-midi ce qui avait permis aux les élèves d’assister à la fabrication de fromages fermiers, aux vendanges et même à des travaux routiers sur la nationale qui était élargie avec construction d’un passage souterrain pour le bétail.

Mais cela remonte à 43 ans ! Quelle évolution et que de changements sont intervenus depuis !

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En classe à Lasseubetat

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Les enfants enfilaient leur pantoufle dès qu’ils entraient en classe car la plupart faisait une bonne marche pour se rendre à l’école et avaient de grosses chaussures (puisqu’ils empruntaient très souvent des chemins caillouteux et boueux). Aussi ils étaient plus à l’aise pendant la journée avec des pantoufles qu’ils laissaient à l’école toute l’année scolaire.

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Castelet (petit théâtre) fabriqué avec l’aide de mon mari

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Lasseubetat

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  1. HEBERT dit :

    Bonsoir Madame,

    Je me permets ce petit passage juste pour vous informer qu’une personne sur Facebook utilise votre site ou blog, se faisant passer pour elle sur une de vos photos.
    Vous avez mon adresse jointe avec mon commentaire, je suis à votre disposition si vous souhaitez des informations supplémentaires. Dans le cas contraire, je suis désolée de vous avoir importunée. Cordialement. Madame Anne-Marie HEBERT 53/12 Ave Ashton Under Lyne 52000 CHAUMONT; Tels en liste rouge

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